Excelsior
Aux vains bruits des cités je veux vous arracher,
Suivez-moi jusqu’au but où mon désir m’enlève ;
Sur les altiers sommets, moi, je prétends marcher,
Marchons donc vers ce pic où le soleil se lève.
Allons, nous arrivons au faîte du rocher ;
Courage, avec le corps que notre âme s’élève !
Encor plus près de Dieu nous pouvons approcher,
Élançons-nous au ciel sur les ailes du rêve !
Nous y voilà : bien haut nous planons dans l’azur.
Loin de la foule, amis, respirons l’éther pur ;
Oublions notre terre et tout ce qui s’y passe.
Mais l’esprit a beau faire, on en vient à penser
À ce globe de boue : on voudrait le pousser,
De son pied dédaigneux, loin de soi, dans l’espace...
Clovis TISSERAND.
Paru dans l’Académie des muses santones en 1879.