Sonnet

 

                                                     À M. Victor Billaud.

 

Sans avoir, comme vous, le don de l’harmonie,

Sans avoir les secrets d’ineffables concerts,

Je sens vibrer mon âme à toute mélodie

Qui descendant des cieux vient caresser les airs.

 

Plaignant celui qui raille ou qui doute ou qui nie,

Orgueilleux égaré dans d’arides déserts,

J’admire la beauté, la splendeur infinie

Des mondes étoilés qui peuplent l’univers ;

 

Et pris d’un saint respect pour la main immortelle

Dont la bonté suprême à la grandeur se mêle,

En versant sur nos fronts les feux brillants du jour,

 

J’adore Dieu qui met la fleur dans la prairie,

Comme il met dans nos cœurs une image chérie

Exhalant les parfums d’un doux rêve d’amour !

 

 

 

Sélim SEGUIN.

 

Paru dans l’Académie des muses santones en 1879.

 

 

 

 

 

 

 

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