À la mémoire de Lamartine

 

 

Quand mon œil inquiet voulait chercher sur terre

La vérité cachée en un vague incertain,

Ta main, en soulevant le voile du mystère,

M’a découvert le ciel dans le brillant lointain !

 

Quand j’écoute ta douce et suave harmonie,

Que chante la nature et que traduit ton cœur,

Je rends grâce à celui qui créa le génie,

Dont la vive lumière apaise la douleur !

 

Souvent, l’âme plongée en d’immenses ténèbres,

Je crois en t’écoutant, – pardonne à mes transports, –

Que pour le dégager de ces ombres funèbres

Tu redis à mon cœur tes célestes accords :

 

« Viens rependre ton rang dans ta splendeur première,

« Parmi ces purs enfants de gloire et de lumière,

« Que d’un souffle choisi Dieu voulut animer

« Et qu’il fit pour chanter, pour croire et pour aimer ! »

 

 

 

Edmond POTONIÉ.

 

Paru dans l’Académie des muses santones en 1879.

 

 

 

 

 

 

 

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